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Textes liturgiques

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Dimanche 18 novembre 2007
33e dimanche du temps ordinaire

Textes liturgiques © AELF, Paris

Est-ce Dieu qui vient ?

Cela sent la fin… la fin des temps d’abord… et aussi la fin de l’année liturgique… Jésus annonce des malheurs et des catastrophes, comme s’il voyait soudain grandir les signes d’un Règne du Mal. Avec le psalmiste, Malachie annonce « le jour du Seigneur », le Règne de Dieu. S’agirait-il de la même chose ? Y aurait-il confusion ? Un indice devrait nous rassurer : Paul, à contre-emploi, se préoccupe du quotidien. Il est vrai qu’ailleurs il comparera ce qui arrive à un « enfantement » où douleur et risque précèdent joie et bonheur. La pesanteur et la grâce cohabitent ainsi dans nos vies. Nous devons nous y faire ; mais un avènement se prépare à l’horizon. Il nous faudra le désirer. Un temps, pour cela, nous sera bientôt donné..

Première lecture : Livre de Malachie, chapitre 3,19-20

Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme une fournaise. Tous les arrogants, tous ceux qui commettent l'impiété, seront de la paille. Le jour qui vient les consumera, déclare le Seigneur de l'univers, il ne leur laissera ni racine ni branche. Mais pour vous qui craignez mon Nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement.

Le prophète annonce le 'jour du Seigneur'. Il ne s’agit pas d’un tranquille dimanche… Il s’agit du Jugement que les croyants attendent avec impatience : Dieu va rétablir la justice, mise à mal par les oppresseurs et les méchants de tous poils… Plus tard, certains parleront du 'grand soir'… Mais il n’y a pas que la malédiction des méchants. Pour les pauvres, ce jour-là, le Salut se lèvera comme, tous les jours, se lève le Soleil. Le Salut ou… le Ressuscité…
Il vient, le Seigneur, gouverner le monde avec justice.

Jouez pour le Seigneur sur la cithare,
sur la cithare et tous les instruments ;
au son de la trompette et du cor,
acclamez votre roi, le Seigneur !

Que résonnent la mer et sa richesse,
le monde et tous ses habitants ;
que les fleuves battent des mains,
que les montagnes chantent leur joie.

Acclamez le Seigneur, car il vient
pour gouverner la terre,
pour gouverner le monde avec justice
et les peuples avec droiture !

Psaume 97(98)

Le Seigneur vient. Enfin, il va prendre les choses en mains… Enfin, il va être le Roi. Il y aurait donc, possible, un Règne de Dieu… Quelqu’un, bientôt, proclamera ce Règne tout proche… Quelqu’un, bientôt, sera ce Règne…

Le texte de Paul tranche avec les autres lectures, ce dimanche. Une fois n’est pas coutume, il se préoccupe de pain et de travail quotidiens quand Malachie et Luc annoncent l’apocalypse… Combattre la faim et l’oisiveté seraient sa préoccupation à lui quand le Salut est imminent… Etrange pour qui l’a un peu fréquenté… Et si c’était précisément cela, le défi chrétien ? Vouloir le Règne dans un présent serein… Inscrire dans l’aujourd’hui la vision de demain… Seconde lecture : Seconde lettre aux Thessaloniciens, chapitre 3,7-12

Frères, vous savez bien, vous, ce qu'il faut faire pour nous imiter. Nous n'avons pas vécu parmi vous dans l'oisiveté; et le pain que nous avons mangé, nous n'avons demandé à personne de nous en faire cadeau. Au contraire, dans la fatigue et la peine, nuit et jour, nous avons travaillé pour n'être à la charge d'aucun d'entre vous. Bien sûr, nous en aurions le droit ; mais nous avons voulu être pour vous un modèle à imiter.

Et quand nous étions chez vous, nous vous donnions cette consigne : si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus. Or, nous apprenons que certains parmi vous vivent dans l'oisiveté, affairés sans rien faire. A ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel : qu'ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu'ils auront gagné.

Qu’arrive-t-il à Jésus ? Serait-il entrain de ‘baisser les bras’ ? Pressent-il, à l’approche de Jérusalem, une épreuve de force ? En tout cas, il prend, en cette fin de l’évangile de Luc, un ton dramatique auquel il ne nous a pas habitués. Au lieu de la Bonne Nouvelle, il met en évidence la présence du mal dans notre histoire. Cela sonne comme une ‘apocalypse’. Cela sent Gethsemani et la sueur de sang… Il dira bientôt, sur la croix, le psaume 22 : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Ainsi, quand des événements malheureux nous frôlent ou nous atteignent, sommes-nous dans l’inquiétude. Le fils de Dieu – et ses saints - nous ont précédés dans la nuit…
Evangile de Jésus Christ selon saint Luc, chapitre 21,5-19

Certains parlaient du Temple, admirant la beauté des pierres et les dons des fidèles. Jésus leur dit : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n'en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »

Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe que cela va se réaliser ? » Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant : 'C'est moi', ou encore : 'Le moment est tout proche.' Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas : il faut que cela arrive d'abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin. » Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre, et çà et là des épidémies de peste et des famines ; des faits terrifiants surviendront, et de grands signes dans le ciel.

Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon Nom. Ce sera pour vous l'occasion de rendre témoignage. Mettez-vous dans la tête que vous n'avez pas à vous soucier de votre défense. Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d'entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C'est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. »

P. Emmanuel Chazot

Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy)

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