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Dimanche 9 décembre 2007
2er dimanche de l'Avent

Textes liturgiques © AELF, Paris

Une voix !

L’attente est une longue patience. Celui qui guette le soleil levant est attentif à la moindre lueur. Le voyageur perdu dans une gare inconnue guette le haut parleur qui guidera ses pas vers le quai où se forme son train. Le croyant guette lui aussi les signes de la lumière ou de la parole divine. Au temps d’Isaïe, le Peuple se réjouit de la naissance d’un fils chez le roi. Avec le psalmiste, il participe à l’intronisation du prince au temple de Jérusalem. L’avenir du Royaume est ainsi assuré. Mais Paul nous l’assure : le Royaume en question est celui de Dieu ; il réclame tout au long de l’histoire persévérance et courage. Alors, lorsqu’en Matthieu la voix de Jean-Baptiste nous invite à la conversion, mettons-nous en mouvement, même si ce déplacement nous entraîne au désert !

Première lecture : Livre d'Isaïe, chapitre 11,1-10

Parole du Seigneur Dieu. Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l'esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur, qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas d'après les apparences, il ne tranchera pas d'après ce qu'il entend dire. Il jugera les petits avec justice, il tranchera avec droiture en faveur des pauvres du pays. Comme un bâton, sa parole frappera le pays, le souffle de ses lèvres fera mourir le méchant. Justice est la ceinture de ses hanches ; fidélité, le baudrier de ses reins.

Le loup habitera avec l'agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l'ourse auront même pâturage, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le boeuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s'amusera sur le nid du cobra, sur le trou de la vipère l'enfant étendra la main. Il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu sur ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.

Après avoir annoncé la semaine dernière l’arrivée des peuples sur la colline de Sion, voilà que le prophète proclame une ère de paix accompagnant la naissance du fils du roi. La famille de David est comparée à une plante vivace, sortie de la plus humble des graines, Jessé, le paysan de Beethléem. Comme il avait su reconnaître en David l’Elu de Dieu, l’Esprit accompagnera l’enfant royal. Il en fera le Messie, l’envoyé de Dieu. Toute la Création se soumettra à la paix qui prévaut aujourd’hui dans les cœurs. Enfin, un monde à la mesure de l’homme ! Enfin un monde conforme au projet de Dieu !
Voici venir un jour sans fin de justice et de paix.

Dieu, donne au roi tes pouvoirs,
à ce fils de roi ta justice.
Qu'il gouverne ton peuple avec justice,
qu'il fasse droit aux malheureux !

En ces jours-là, fleurira la justice,
grande paix jusqu'à la fin des lunes !
Qu'il domine de la mer à la mer,
et du Fleuve jusqu'au bout de la terre !

Il délivrera le pauvre qui appelle
et le malheureux sans recours.
Il aura souci du faible et du pauvre,
du pauvre dont il sauve la vie.

Que son nom dure toujours ;
sous le soleil, que subsiste son nom !
En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ;
que tous les pays le disent bienheureux !

Psaume 71(72)

Comme le prophète, le psalmiste chante le jeune prince. Ce n’est plus à l’occasion de sa naissance mais de son intronisation au Temple. Sa personne est sacrée. Il sera roi ! En même temps que l’huile coule sur son front et ses cheveux, la prière du Peuple monte vers Dieu. Il y va de la paix de tous. Il y va du bonheur des humbles. Il y va de la prospérité… celle du Peuple de Jérusalem comme celle des peuples aux alentours…

A temps et à contretemps, Paul proclame l’espérance. Après celle de l’Aube, dimanche dernier, voici celle de l’Histoire sainte qui s’accompagne de persévérance et de courage. Là aussi, juifs ou païens, tous les peuples sont concernés, quel que soit le moment où ils ont rejoint le peuple de Dieu. Un signe permet à ceux qui partagent ce projet de se reconnaître entre eux : l’accueil mutuel ; l’accord entre eux ; la prière d’une même voix, d’un seul cœur… Seconde lecture : Lettre aux Romains, chapitre 15,4-9

Frères, tout ce que les livres saints ont dit avant nous est écrit pour nous instruire, afin que nous possédions l'espérance grâce à la persévérance et au courage que donne l'Écriture. Que le Dieu de la persévérance et du courage vous donne d'être d'accord entre vous selon l'esprit du Christ Jésus. Ainsi, d'un même coeur, d'une même voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.

Accueillez-vous donc les uns les autres comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu, vous qui étiez païens. Si le Christ s'est fait le serviteur des Juifs, c'est en raison de la fidélité de Dieu, pour garantir les promesses faites à nos pères ; mais, je vous le déclare, c'est en raison de la miséricorde de Dieu que les nations païennes peuvent lui rendre gloire ; comme le dit l'Écriture : Je te louerai parmi les nations, je chanterai ton nom.

Lorsqu’on tient à se faire entendre, on se place plutôt à un carrefour ou sur une place publique. Jean n’est pas de ceux qui calculent. Il crie là où il est, au désert. Il crie l’urgence de la conversion. Et voilà que cette voix résonne loin ! Elle trouve un écho… A Jérusalem, on n’a pas oublié l’exil... On n’a pas oublié la consolation d’Israël… On se rappelle soudain que le désert est chemin de purification et d’Alliance. On se rappelle que tout a commencé par le passage de la mer : l’eau et le désert. Un nouvel Exode a commencé. Qui sera le nouveau Moïse ?
Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu, chapitre 24,37-44

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole transmise par le prophète Isaïe : A travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.

Jean portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain venaient à lui, et ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.

Voyant des pharisiens et des sadducéens venir en grand nombre à ce baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion, et n'allez pas dire en vous-mêmes : 'Nous avons Abraham pour père' ; car, je vous le dis : avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.

Moi, je vous baptise dans l'eau, pour vous amener à la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu ; il tient la pelle à vanner dans sa main, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier. Quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas. »

P. Emmanuel Chazot

Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy)

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