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Dimanche 23 décembre 2007
4e dimanche de l'Avent

Textes liturgiques © AELF, Paris

Le signe de la naissance

Toute naissance devrait être réjouissance. Toute naissance devrait être Bonne Nouvelle. Et pourtant, le roi Achaz a bien du mal à sortir du doute et à voir la présence de Dieu dans l’annonce du prophète Isaïe. Et pourtant, en Matthieu, Joseph a bien du mal à accepter l’action de l’Esprit et la grossesse imprévisible de sa fiancée. Heureusement, le psaume 23 chante l’action de grâce de la Création et trace le portrait du juste. Et Paul, dans l’épître aux Romains, relit l’existence de Jésus comme la réalisation ultime de la promesse de l’Emmanuel : Dieu lui-même vient à nous par son Fils.

Première lecture : Livre d'Isaïe, chapitre 7,10-16

Le Seigneur envoya le prophète Isaïe dire au roi Acaz : « Demande pour toi un signe venant du Seigneur ton Dieu, demande-le au fond des vallées ou bien en haut sur les sommets. » Acaz répondit : « Non, je n'en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l'épreuve. »

Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! Eh bien ! Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l'appellera Emmanuel, (c'est-à-dire : Dieu-avec-nous). De crème et de miel il se nourrira, et il saura rejeter le mal et choisir le bien. Avant même que cet enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, elle sera abandonnée, la terre dont les deux rois te font trembler. »

Le roi tremble. Il a déjà perdu la bataille de la confiance en lui-même. Alors le prophète se lève et plaide la confiance en Dieu. En pleine incertitude politique et militaire, il annonce une naissance. Qu’y a-t-il de plus encourageant pour un homme qui doute que la naissance d’un fils ? Qu’y a-t-il de plus cher au cœur d’un roi que cette « joie domestique » que va partager le Peuple tout entier ? L’enfant promis s’appelle Emmanuel, « Dieu avec nous ». C’est le signe que Dieu est là, présent au-delà de toutes les vicissitudes de l’Histoire.
Qu’il vienne, le Seigneur : c’est lui, le roi de gloire !

Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
C'est lui qui l'a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
L'homme au coeur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent,
qui recherchent la face de Dieu !

Psaume 23(24)

Chanter la louange du Créateur est la tâche de chacun. Il est juste que les hommes reconnaissent dans la prière ce qu’Il leur a donné. Mais le culte doit être intérieur. Il s’agit d’abord de la pureté du cœur et de l’innocence. C’est vrai du Croyant. C’est vrai du Peuple. A la prière des justes, personnelle ou communautaire, Dieu répondra par sa bénédiction.

Comme toutes les lettres de Paul, l’épître aux Romains s’ouvre à la manière d’une symphonie ou d’un porche de cathédrale. C’est dans un monument rare que nous pénétrons… L’auteur interpelle ses destinataires et se situe par rapport à eux. Comment le faire sans nommer Celui qui l’a appelé ? Comment le faire sans nommer Celui au Nom de qui il parle ? Son propos veut prolonger la promesse des prophètes et des Saintes Ecritures ; son propos veut placer son ministère sous le signe de la résurrection. Jésus appartient à la race de David. Jésus est Fils de Dieu. Jésus est Bonne Nouvelle à proclamer. Seconde lecture : Lettre de Saint Paul aux Romains, chapitre 1,1-7

Moi Paul, serviteur de Jésus Christ, appelé par Dieu pour être Apôtre, mis à part pour annoncer la Bonne Nouvelle que Dieu avait déjà promise par ses prophètes dans les saintes Écritures, je m'adresse à vous, bien-aimés de Dieu qui êtes à Rome.

Cette Bonne Nouvelle concerne son Fils : selon la chair, il est né de la race de David ; selon l'Esprit qui sanctifie, il a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d'entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur.

Pour que son nom soit honoré, nous avons reçu par lui grâce et mission d'Apôtre afin d'amener à l'obéissance de la foi toutes les nations païennes, dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés.

Vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint, que la grâce et la paix soient avec vous tous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur.

Nos rêves ont-ils un sens ? Au temps de Matthieu, c’était une évidence. Aujourd’hui, on hésite : certains voient dans les songes le symbole de la naïveté, de l’enfance de l’esprit ; d’autres y cherchent l’ultime clef de l’inconscient. Joseph, en tout cas, passe par un mauvais moment. La grossesse de Marie n’est pas un songe… Comment agir dignement quand on se rend compte que, chez la femme qu’on aime, un enfant arrive dont on ignore le père ? Le mieux est sans doute de se retirer discrètement… Joseph songe à le faire… Mais, à cette mélodie là, il y a peut-être une clef… Et si cet enfant était celui de l’antique promesse… Si cet enfant était le Messie… Au réveil, la décision est prise. Joseph se met au service de Dieu et de son dessein. Joseph adopte l’enfant de la promesse. Joseph prend chez lui Marie, son épouse.
Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu, chapitre 1,18-24

Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ.

Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret. Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

Tout cela arriva pour que s'accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d'Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse,

P. Emmanuel Chazot

Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy)

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