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Dimanche 20 janvier 2008
Deuxième dimanche du temps ordinaire

Textes liturgiques © AELF, Paris

Le témoignage des deux Jean

Nous avions lu dimanche dernier le récit du baptême de Jésus dans l’évangile de l’année, celui de Matthieu. Parce qu’elle est importante, nous revenons aujourd’hui à la même scène, racontée par Jean le baptiste et rapportée par l’évangéliste Jean. Le récit est à la fois plus sobre et plus spirituel. Nous retrouvons aussi, dans une autre version, la description par Isaïe du Serviteur de Dieu. Il s’agit toujours de souligner la messianité de Jésus. Le psaume et la deuxième lecture marquent vraiment, eux, l’entrée dans le temps ordinaire. Contrairement à celui de la semaine dernière, tout en fracas, le registre du psaume 39 fait dans l’intime. Et nous lirons jusqu’au Carême les premiers chapitres de l’épître aux Corinthiens..

Première lecture : Livre d'Isaïe, 49,3...6

Parole du Serviteur de Dieu. Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je me glorifierai. » Maintenant le Seigneur parle, lui qui m'a formé dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob et que je lui rassemble Israël.

Oui, j'ai du prix aux yeux du Seigneur, c'est mon Dieu qui est ma force. Il parle ainsi : « C'est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les rescapés d'Israël : je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre. »

Voici à nouveau le Serviteur ! Le prophète insistait la semaine dernière sur son humilité. Aujourd’hui, il met en valeur le soin, l’attention de Dieu pour celui qu’Il a choisi. Le prophète ressent l’amour qui lui a été donné pour être capable d’accomplir sa mission. Et cette mission se précise : porter salut et lumière aux nations, bien au-delà des seules frontières d’Israël.
Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté.

D'un grand espoir j'espérais le Seigneur :
il s'est penché vers moi.
Dans ma bouche il a mis un chant nouveau,
une louange à notre Dieu.

Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice,
tu as ouvert mes oreilles ;
tu ne demandais ni holocauste ni victime,
alors j'ai dit : « Voici, je viens.

« Dans le livre, est écrit pour moi
ce que tu veux que je fasse.
Mon Dieu, voilà ce que j'aime :
ta loi me tient aux entrailles. »

Vois, je ne retiens pas mes lèvres,
Seigneur, tu le sais.
J'ai dit ton amour et ta vérité
à la grande assemblée.

Psaume 39(40)

Depuis des temps immémoriaux, le croyant se tourne vers son Dieu. Depuis longtemps, il a compris que son Seigneur était plus sensible à la prière du cœur qu’aux gestes extérieurs les plus spectaculaires. Ce qui compte, ce n’est pas le poids du mouton que l’on offre, la taille du cierge que l’on brûle, la longueur de l’oraison que l’on fait, mais le don de soi-même dont oraison, cierge ou mouton sont l’occasion…

Lorsque Paul commence une lettre, il a le don de se situer lui-même et de situer ses interlocuteurs par rapport au seul être qui compte à ses yeux, le Dieu vivant. Lui, Paul, est apôtre du Christ par la volonté de Dieu ; eux, les Corinthiens, sont l’Eglise, par l’appel du même Dieu. C’est donc bien cet appel qui réunit Paul et ses interlocuteurs. Et nous, ne sommes-nous pas nous-mêmes concernés par cette voix ? Seconde lecture : Première lettre aux Corinthiens 1,1-3

Moi, Paul, appelé par la volonté de Dieu pour être Apôtre du Christ Jésus, avec Sosthène notre frère, je m'adresse à vous qui êtes, à Corinthe, l'Église de Dieu, vous qui avez été sanctifiés dans le Christ Jésus, vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint, avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre. Que la grâce et la paix soient avec vous, de la part de Dieu notre Père et de Jésus Christ le Seigneur.

Curieusement, le quatrième évangile passe avec beaucoup de pudeur sur le fait brut de Jésus plongeant dans l’eau ; de la scène des synoptiques, il n’a gardé que la théophanie présentée comme le témoignage du seul baptiste. S’agit-il des scrupules d’un témoin oculaire, soucieux de ramener l’événement à ses proportions réelles ? S’agit-il d’une précaution de langage, soucieuse de cantonner Jean à un rôle secondaire pour que Jésus reste vraiment le centre d’intérêt ? Tout se passe pourtant comme si Jean avait été le seul témoin de la descente de la colombe et, seul, avait entendu le témoignage du Père en faveur de son Fils. Au fond, l’important est que ce témoignage soit donné. Dimanche prochain, nous reprendrons jusqu’au Carême une lecture quasi continue de l’évangile de Mathieu.
Evangile selon saint Jean, 1,29-34

Comme Jean Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c'est de lui que j'ai dit : Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était. Je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l'eau, c'est pour qu'il soit manifesté au peuple d'Israël. »

Alors Jean rendit ce témoignage : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui. Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : 'L'homme sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est celui-là qui baptise dans l'Esprit Saint.' Oui, j'ai vu, et je rends ce témoignage : c'est lui le Fils de Dieu. »

P. Emmanuel Chazot

Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy)

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