| Bibliques | Prier avec la Bible |
Textes liturgiques © AELF, Paris
| Misère et miséricorde
Nous voici en carême. Nous prenons le chemin de Pâques. Quarante jours pour changer et accueillir en vérité le don de Dieu. Les lectures de ce premier dimanche nous rappellent les données du problème. Nous avons été créés pour le bonheur mais notre liberté est fragile. C’est le message de la Genèse. Le psaume 50 nous oriente vers Dieu qui pardonne ; saint Paul rappelle combien l’amour de Dieu dépasse notre capacité même à pêcher. Quand à l’évangile selon saint Matthieu, il nous invite à suivre le Christ qui met en échec le tentateur. C’est le premier pas vers la Résurrection.. |
| Première lecture : Livre de la Genèse, 2,7...3,7
Au temps où le Seigneur Dieu fit le ciel et la terre, il modela l'homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l'homme devint un être vivant. Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l'orient, et y plaça l'homme qu'il avait modelé. Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toute sorte d'arbres à l'aspect attirant et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Or, le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait fait. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a dit : ‘Vous ne mangerez le fruit d’aucun arbre du jardin’ » La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour celui qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : 'Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sinon vous mourrez.' » Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » La femme s'aperçut que le fruit de l'arbre devait être savoureux, qu'il avait un aspect agréable et qu'il était désirable, puisqu'il donnait l'intelligence. Elle prit de ce fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea. Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus. |
Le deuxième récit de la création de l’homme est réjouissant par sa fraîcheur et sa naïveté. L’image du jardin met en valeur le bonheur de la condition humaine. Celle de la poussière et celle du serpent rendent compte de sa fragilité. Le Créateur est bon ; il nous veut libres et cela ne va pas sans risque. La dignité consiste à prendre conscience de ce que nous sommes. | |
| Pitié, Seigneur, car nous avons péché.
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, Oui, je connais mon péché, Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu, Rends-moi la joie d'être sauvé ; |
Psaume 50(51) Misère et miséricorde… Le psalmiste gémit son repentir. Le croyant prend conscience de son péché et appelle la tendresse de Dieu : efface ! lave ! purifie ! Dans le cœur du croyant, la confiance l’emporte : crée ! raffermis ! renouvelle ! La louange l’emporte sur l’amertume… |
| Qui est premier, Adam ou Jésus ? Qui est originel, le péché ou la grâce ? Il ne s’agit pas de relancer indéfiniment le paradoxe de l’œuf et de la poule. Une lecture purement chronologique a le mérite d’être facile à comprendre. Mais n’ignore-t-elle pas le cœur de notre foi ? Le don de Dieu précède la faute de l’homme et lui donne les moyens d’en guérir. | Seconde lecture : Lettre aux Romains 5,12-19
Frères, par un seul homme, Adam, le péché est entré dans le monde, et par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché. Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde. Certes, on dit que le péché ne peut être sanctionné quand il n'y a pas de loi ; mais pourtant, depuis Adam jusqu'à Moïse, la mort a régné, même sur ceux qui n'avaient pas péché par désobéissance à la manière d'Adam. Or, Adam préfigurait celui qui devait venir. Mais le don gratuit de Dieu et la faute n'ont pas la même mesure. En effet, si la mort a frappé la multitude des hommes par la faute d'un seul, combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ. Le don de Dieu et les conséquences du péché d'un seul n'ont pas la même mesure non plus : d'une part, en effet, pour la faute d'un seul, le jugement a conduit à la condamnation ; d'autre part, pour une multitude de fautes, le don gratuit de Dieu conduit à la justification. En effet, si, à cause d'un seul homme, par la faute d'un seul homme, la mort a régné, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en plénitude le don de la grâce qui les rend justes. Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l'accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie. En effet, de même que tous sont devenus pécheurs parce qu'un seul homme a désobéi, de même tous deviendront justes parce qu'un seul homme a obéi. | |
| Sur la scène de l’évangile entre un nouveau personnage : le démon. Littéralement, c’est 'celui qui se met en travers'. Paradoxalement, cette entrée semble « programmée » par l’Esprit qui, au baptême, vient d’investir Jésus. C’est une 'mise à l’épreuve', une sorte d’examen de passage avant les trois années de ministère public. Les quarante jours de jeûne renvoient aux quarante ans de désert vécus par le Peuple de Dieu avant l’entrée en Terre promise. Jésus est le nouveau Moïse qui repousse d’abord la tentation d’accaparer les conditions de la survie élémentaire, les biens matériels. Puis, il se garde de la tentation spirituelle qui consisterait à ignorer les limites de la condition humaine : il refuse de se prendre pour un ange. Enfin, autre tentation spirituelle, il ignore l’idolâtrie et, avec elle, gloire et pouvoir. Moïse était mort sur le Mont Nebo en contemplant la Terre promise où il n’entrerait pas. Jésus, lui, face au démon, demeure maître du terrain. Par la résurrection, il entrera en vainqueur dans le Royaume des cieux. | |
| Evangile selon saint Matthieu, 4,1-11
Jésus, après son baptême, fut conduit au désert par l'Esprit pour être tenté par le démon. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s'approcha et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Alors le démon l'emmène à la ville sainte, à Jérusalem, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu. » Le démon l'emmène encore sur une très haute montagne et lui fait voir tous les royaumes du monde avec leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m'adorer. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C'est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c'est lui seul que tu adoreras. » Alors le démon le quitte. Voici que des anges s'approchèrent de lui, et ils le servaient. |
P. Emmanuel Chazot Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy) |
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