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Textes liturgiques © AELF, Paris
| L’éclat de l’huile ! L’éclat du Christ !
Pour désigner les prophètes et les prêtres, la coutume ancienne versait sur leur tête une bonne dose d’huile d’olive. Samuel innove et reprend le geste pour désigner le chef du Peuple. Celui qui en bénéficie est ainsi « oint », « christifié », « roi » en somme. Mais le psaume 22 rappelle l’espérance formulée par d’autres prophètes. C’est Dieu lui-même qui prendra la tête de son troupeau et, ce jour là, tous seront rois. L’huile sert aussi de combustible pour faire la lumière. Paul exhorte les Éphésiens à ne pas renoncer à la lumière de leur foi. Mais, c’est la vie de celui qui n’avait jamais connu la lumière du jour que, selon l’évangile de Jean, Jésus, « l’oint véritable », transforme à jamais. . |
| Première lecture : Premier livre de Samuel, 16,1...6
Le Seigneur dit à Samuel : « J’ai rejeté Saül. Il ne régnera plus sur Israël. Je t'envoie chez Jessé de Bethléem, car j'ai découvert un roi parmi ses fils. Prends une corne que tu rempliras d'huile, et pars ! » En arrivant, Samuel aperçut Éliab, un des fils de Jessé, et il se dit : « Sûrement, c'est celui que le Seigneur a en vue pour lui donner l'onction ! » Mais le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l'ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le coeur. » Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils, et Samuel lui dit : « Le Seigneur n'a choisi aucun de ceux-là. N'as-tu pas d'autres garçons ? » Jessé répondit : « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau. » Alors Samuel dit à Jessé : « Envoie-le chercher : nous ne nous mettrons pas à table tant qu'il ne sera pas arrivé. » Jessé l'envoya chercher : le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. Le Seigneur dit alors : « C'est lui ! donne-lui l'onction. » Samuel prit la corne pleine d'huile, et lui donna l'onction au milieu de ses frères. L'esprit du Seigneur s'empara de David à partir de ce jour-là. |
Tout au long des semaines de Carême, les figures bibliques se succèdent. Après Abraham et Moïse, voici David et sa vocation précoce. En un véritable « casting », le prophète examine puis récuse successivement les sept fils de Jessé. Jusqu’à ce qu’il réalise qu’on ne lui a pas présenté le plus jeune. Lorsque l’enfant paraît, sa beauté rayonne comme, autrefois, celle de Moïse. Au nom de Dieu, Samuel préfère la jeunesse à la force et donne l’onction. David devient un premier « christ ». | |
| Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.
Le Seigneur est mon berger : Il me mène vers les eaux tranquilles Si je traverse les ravins de la mort, Tu prépares la table pour moi Grâce et bonheur m'accompagnent |
Psaume 22(23) Tous les psaumes sont censés venir 'de David'. Lequel correspond mieux que celui-ci au 'roi berger' ? Mais qui est le véritable pasteur d’Israël, sinon Dieu lui-même ? Un jour, Ezechiel l’annoncera : Dieu va prendre la tête de son Peuple. Un jour, Jésus réalisera cette promesse du prophète. Il mènera son troupeau vers les 'eaux tranquilles' du baptême, lui fera traverser les 'ravins de la mort' jusqu’à la résurrection, préparera pour lui la table de l’eucharistie, versera sur chacun l’huile parfumé. Naîtra, enfin, un peuple de « christs ». |
| L’huile brille, parfume si on sait la préparer comme il convient. Et si on la brûle, elle éclaire et réchauffe. Paul tient à ce que ses amis d’Ephèse échappent au sommeil et aux ténèbres. Il les invite à renoncer à la conduite d’autrefois et à vivre dans la lumière. Qu’est-ce qui illumine la nuit, sinon la foi en la Résurrection et les œuvres qu’elle inspire ? Choisissez la lumière du Ressuscité ! Renoncez à la nuit et au mal ! | Seconde lecture : Lettre aux Ephésiens 5,8-14
Frères, autrefois, vous n’étiez que ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière ; vivez comme des fils de la lumière - or la lumière produit tout ce qui est bonté, justice et vérité - et sachez reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur. Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt. Ce que ces gens-là font en cachette, on a honte d'en parler. Mais quand ces choses-là sont démasquées, leur réalité apparaît grâce à la lumière, et tout ce qui apparaît ainsi devient lumière. C'est pourquoi l'on chante : Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d'entre les morts, et le Christ t'illuminera. | |
| Un homme cherche la lumière. En Jésus, il la trouve. Pourquoi tous n’acceptent-ils pas cette lumière ? On le poursuit. On l’interroge. On interroge ses proches. On le convoque à nouveau. L’huile dont brûle sa nouvelle lampe n’est pas homologuée sur le marché. Le carburant que fournit Jésus n’est pas aux normes. Jésus polluerait la piscine, le Sabbat, la Loi elle-même. On le voue au péché. Celui qui était né aveugle courbe l’échine et savoure néanmoins sa neuve lumière. Il renouvelle sa profession de foi. Jésus l’admet dans son Royaume. Dans l’éclatante lumière du Fils de l’Homme ; dans l’éclatante lumière du Christ, celui qui est à jamais imbibé d’huile… | |
| Evangile selon saint Jean, 9,1-41
En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance. Ses disciples l'interrogèrent : « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents. Mais l'action de Dieu devait se manifester en lui. Il nous faut réaliser l'action de celui qui m'a envoyé, pendant qu'il fait encore jour ; déjà la nuit approche, et personne ne pourra plus agir. Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Cela dit, il cracha sur le sol et, avec la salive, il fit de la boue qu'il appliqua sur les yeux de l'aveugle, et il lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » (ce nom signifie : Envoyé). L'aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. Ses voisins, et ceux qui étaient habitués à le rencontrer - car il était mendiant - dirent alors : « N'est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C'est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c'est quelqu'un qui lui ressemble. » Mais lui affirmait : « C'est bien moi. » Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-il ouverts ? » Il répondit : « L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, il m'en a frotté les yeux et il m'a dit : 'Va te laver à la piscine de Siloé.' J'y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j'ai vu. » Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. » On amène aux pharisiens cet homme qui avait été aveugle. Or, c'était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. A leur tour, les pharisiens lui demandèrent : « Comment se fait-il que tu voies ? » Il leur répondit : « Il m'a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et maintenant je vois. » Certains pharisiens disaient : « Celui-là ne vient pas de Dieu, puisqu'il n'observe pas le repos du sabbat. » D'autres répliquaient : « Comment un homme pécheur pourrait-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s'adressent de nouveau à l'aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu'il t'a ouvert les yeux ? » Il dit : « C'est un prophète. » Les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme, qui maintenant voyait, avait été aveugle. C'est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu'il est né aveugle ? Comment se fait-il qu'il voie maintenant ? » Les parents répondirent : « Nous savons que c'est bien notre fils, et qu'il est né aveugle. Mais comment peut-il voir à présent, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s'expliquer. » Ses parents parlaient ainsi parce qu'ils avaient peur des Juifs. En effet, les Juifs s'étaient déjà mis d'accord pour exclure de la synagogue tous ceux qui déclareraient que Jésus est le Messie. Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! » Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l'homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n'en sais rien ; mais il y a une chose que je sais : j'étais aveugle, et maintenant je vois. » Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t'ouvrir les yeux ? » Il leur répondit : « Je vous l'ai déjà dit, et vous n'avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m'entendre encore une fois ? Serait-ce que vous aussi vous voulez devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l'injurier : « C'est toi qui es son disciple ; nous, c'est de Moïse que nous sommes les disciples. Moïse, nous savons que Dieu lui a parlé ; quant à celui-là, nous ne savons pas d'où il est. » L'homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d'où il est, et pourtant il m'a ouvert les yeux. Comme chacun sait, Dieu n'exauce pas les pécheurs, mais si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, il l'exauce. Jamais encore on n'avait entendu dire qu'un homme ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si cet homme-là ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier plongé dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors. Jésus apprit qu'ils l'avaient expulsé. Alors il vint le trouver et lui dit : « Crois-tu au Fils de l'homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c'est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! », et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Des pharisiens qui se trouvaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous des aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n'auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : 'Nous voyons !' votre péché demeure. » |
P. Emmanuel Chazot Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy) |
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