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Textes liturgiques
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Dimanche 26 avril 2009
Troisième semaine de Pâques

Textes liturgiques © AELF, Paris

En conscience...

Un accusé… Un défenseur… Des témoins… Serions nous au tribunal ? Luc nous rapporte à sa façon la même scène que Jean dimanche dernier : le ressuscité se manifeste le soir de Pâques aux apôtres réunis au Cénacle. A l’intérieur de la communauté, la Bonne Nouvelle diffuse secrètement. Mais, selon les Actes, il faut attendre cinquante jours et la fête de Pentecôte pour qu’elle sorte au grand jour par la bouche de Pierre : Dieu a ressuscité Jésus d’entre les morts. Ce n’était donc pas en vain que le psaume 4 en appelait depuis des générations à la justice et à la lumière de Dieu..

Première lecture : Livre des Actes des Apôtres, 3,13...19

Devant tout le peuple, Pierre prit la parole : « Hommes d’Israël, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a donné sa gloire à son serviteur Jésus, alors que vous, vous l'aviez livré ; devant Pilate, qui était d'avis de le relâcher, vous l'aviez rejeté. Lui, le saint et le juste, vous l'avez rejeté, et vous avez demandé qu'on vous accorde la grâce d'un meurtrier. Lui, le Chef des vivants, vous l'avez tué ; mais Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, nous en sommes témoins. Tout repose sur la foi au nom de Jésus : c'est ce nom qui a donné la force à cet homme, que vous voyez et que vous connaissez ; oui, la foi qui vient de Jésus a rendu à cet homme une parfaite santé en votre présence à tous.

D'ailleurs, frères, je sais bien que vous avez agi dans l'ignorance, vous et vos chefs. Mais Dieu qui, par la bouche de tous les prophètes, avait annoncé que son Messie souffrirait, accomplissait ainsi sa parole. Convertissez-vous donc et revenez à Dieu pour que vos péchés soient effacés. »

Au Sanhédrin comme au Prétoire, les accusations avaient fusé sans que les témoins à décharge ne sortent de leur timidité. Le chant du coq ne les avait pas réveillés… Aujourd’hui, celui qui tremblait devant une servante se dresse et proclame sans peur la Bonne Nouvelle. Entre temps, un nouvel acteur a fait irruption dans la vie de la communauté : l’Esprit, venu au Jourdain sur Jésus ; venu sur Pierre et les apôtres au jour de Pentecôte. Il a changé leur cœur.
Révèle-nous, Seigneur, ton visage de lumière.

Quand je crie, réponds-moi, Dieu, ma justice !
Toi qui me libères dans la détresse,
pitié pour moi, écoute ma prière !

Beaucoup demandent :
« Qui nous fera voir le bonheur ? »
Sur nous, Seigneur, que s'illumine ton visage !

Dans la paix, moi aussi, je me couche et je dors ;
car tu me donnes d'habiter, Seigneur,
seul, dans la confiance.

Psaume 4

Depuis des générations, le psaume 4 en appelle au tribunal de Dieu et à sa justice. Les pauvres et les opprimés d’Israël reprennent sa plainte et réclament sa lumière. Depuis toujours, le croyant puise dans ces mots la paix et la sérénité que la vie lui dérobent. Dans la résurrection, il trouve réponse et réparation définitives.

Le nouvel acteur apparu dans la communauté à la Pentecôte s’appelle l’Esprit saint. Jean lui donne un autre nom : le défenseur. Il a investi Jésus de Nazareth au Jourdain et parle depuis par sa bouche. Au tribunal de Dieu, depuis la Résurrection, il se fait notre avocat et nous réconcilie avec le Père. En gardant sa parole, nous manifestons sa présence et nous nous rapprochons de Dieu. Seconde lecture : Première lettre de saint Jean, chapitre 2,1-5

Mes petits enfants, je vous écris pour que vous évitiez le péché. Mais, si l'un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père : Jésus Christ, le Juste. Il est la victime offerte pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux du monde entier.

Et voici comment nous pouvons savoir que nous le connaissons : c'est en gardant ses commandements. Celui qui dit : « je le connais », et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n'est pas en lui. Mais en celui qui garde fidèlement sa parole, l'amour de Dieu atteint vraiment la perfection : voilà comment nous reconnaissons que nous sommes en lui.

Le soir de Pâques, d’un disciple à l’autre, on échange les expériences : était-ce lui ou un ange ? Qui était donc ce jardinier ? Comment vous a-t-il rejoint sur la route? On a vu ou l’on a su le tombeau vide et les linges pliés. L’un a cru ; l’autre non... La Résurrection ne fait pas l’unanimité… Et soudain, le voilà ! Il se manifeste au cœur de la communauté rassemblée. Pour un temps, l’incrédulité s’estompe et la foi reprend le dessus parmi les apôtres. On regarde les mains et les pieds. On lui donne un morceau de poisson grillé. Il mange ; il boit. C’est bien le même. Mais certains ne sont pas là. Il faudra quand même cinquante jours pour que son Esprit travaille les cœurs. Il faudra cinquante jours pour que la communauté se convertisse elle même et ose la prédication. Au fond de chaque conscience, aujourd’hui encore, le tribunal continue d’arbitrer : alors, oui ou non, est-il ressuscité ? Alors, oui ou non, adhères-tu à la conversion qu’il demande ?
Evangile selon saint Luc, 24,35-48

Les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain.

Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ? Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n'a pas de chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire, et restaient saisis d'étonnement.

Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea devant eux.

Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. » Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. Il conclut : « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C'est vous qui en êtes les témoins. »

P. Emmanuel Chazot

Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy)

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