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Textes liturgiques
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Dimanche 10 mai 2009
Cinquième semaine de Pâques

Textes liturgiques © AELF, Paris

L'ultime 'Demeure'

Le Concile Vatican II a un jour relevé les multiples images dont use l’Ecriture pour évoquer l’Eglise : le champ, la maison, le troupeau… Paul parlera un jour du Corps. En attendant, l’apôtre qu’il n’est pas encore doit montrer « patte blanche » pour se faire admettre. On n’a pas jusqu’ici bon souvenir de lui. Si les persécuteurs se convertissent, le psaume de la Passion a raison de virer à l’optimisme. Dans la littérature johannique, l’amour transforme ce sentiment en assurance. L’image de la Vigne éclaire les liens intimes qui relient le Seigneur à ses disciples. Elle indique le sens ultime de notre vie : demeurer en Dieu.

Première lecture : Livre des Actes des Apôtres, 9,26-31

Après sa conversion, Paul vint à Jérusalem. Il cherchait à entrer dans le groupe des disciples, mais tous avaient peur de lui, car ils ne pouvaient pas croire que lui aussi était un disciple du Christ. Alors Barnabé le prit avec lui et le présenta aux Apôtres ; il leur raconta ce qui s'était passé : sur la route, Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé ; à Damas, il avait prêché avec assurance au nom de Jésus. Dès lors, Saul allait et venait dans Jérusalem avec les Apôtres, prêchant avec assurance au nom du Seigneur. Il parlait aux Juifs de langue grecque, et discutait avec eux. Mais ceux-ci cherchaient à le supprimer. Les frères l'apprirent ; alors ils l'accompagnèrent jusqu'à Césarée, et le firent partir pour Tarse.

L'Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie. Dans la crainte du Seigneur, elle se construisait et elle avançait ; elle se multipliait avec l'assistance de l'Esprit Saint.

La greffe est une opération délicate. Paul est le dernier sarment transplanté sur le tronc. Il faut la persuasion de Barnabé pour surmonter la méfiance de ceux qu’il a fait souffrir. Mais le pharisien en a fini avec son passé. Avec assurance, il annonce l’évangile. De persécuteur, il est devenu persécuté. Les apôtres prennent sa défense mais il doit fuir. Déjà voyageur, il se déplace de Damas à Jérusalem, de Jérusalem à Césarée, de Césarée à Tarse. Cependant, il garde un point fixe. Quelque soit l’endroit, il 'demeure' en Christ.
A toi, Dieu, notre louange au milieu de l’Eglise

Tu seras ma louange dans la grande assemblée ;
devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.
Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ;
ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent.

La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur,
chaque famille de nations se prosternera devant lui :
« Oui, au Seigneur la royauté,
le pouvoir sur les nations ! »

Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ;
on annoncera le Seigneur aux générations à venir.
On proclamera sa justice au peuple qui va naître :
Voilà son oeuvre !

Psaume 21(22)

Le psaume que Jésus a prié sur la croix s’achève par une proclamation d’espérance. Au plus noir de l’épreuve, il a su demeurer dans la louange vis-à-vis de son Père et dans la compassion vis-à-vis des pauvres. Il a surmonté le sentiment d’abandon. Il a retrouvé l’assurance que donne la foi.

Quelle est la vérité de l’amour ? Elle se vérifie par les actes plus que par les paroles. L’assurance avec laquelle quelqu’un vit, parle et agit en est un signe. Se tenir devant Dieu avec un cœur tranquille montre une force et une persévérance qui ont surmonté la crainte et les tremblements des commencements. On demeure en Lui. Il demeure en nous. Seconde lecture : Première lettre de saint Jean, chapitre 3,18-24

Mes enfants, nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité. En agissant ainsi, nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous aurons le coeur en paix ; notre coeur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre coeur, et il connaît toutes choses.

Mes bien-aimés, si notre coeur ne nous accuse pas, nous nous tenons avec assurance devant Dieu. Tout ce que nous demandons à Dieu, il nous l'accorde, parce que nous sommes fidèles à ses commandements, et que nous faisons ce qui lui plaît.

Or, voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l'a commandé. Et celui qui est fidèle à ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et nous reconnaissons qu'il demeure en nous, puisqu'il nous a donné son Esprit.

Après s’être présenté comme le berger, Jésus risque une autre comparaison agricole : la Vigne. Un jeu subtil s’installe entre l’arbre, les rameaux et le vigneron, occupé à donner à sa culture le meilleur rendement possible. Le lien entre le Père, le Fils et les disciples est ainsi souligné. Chacun demeure en l’autre. Les fruits attestent la fécondité de ces échanges mystérieux dont l’Esprit d’amour est comme la sève. Puissions nous participer nous-mêmes à ces travaux et à ces vendanges !
Evangile selon saint Jean, 15,1-8

A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l'enlève ; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu'il en donne davantage. Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite : Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s'il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu'on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l'obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples. »

P. Emmanuel Chazot

Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy)

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