Logo de Bibliques.comACCUEIL Prier avec la Bible
Textes liturgiques
 LIRE  |  EVANGILES  |  BIBLE COMMENTEE  |  PRIERE  |  VIE  |  DIEU  |  HOMME  |  HEBREU  |  GREC  |  LIENS  |  QUI  |  ÉDITIONS  |

 

Dimanche 14 septembre 2008
La Croix glorieuse

Textes liturgiques © AELF, Paris

La Croix glorieuse

Une fois n’est pas coutume, le déroulement inexorable des « dimanches ordinaires » s’interrompt. Mais pourquoi tourner notre regard vers l’instrument de torture sur lequel Jésus a été mis à mort ? Comment un tel objet a-t-il pu devenir signe de vie ? C’est une histoire aussi vieille que l’Exode, nous dit le psaume : l’existence même du Mal nous fait prendre conscience de notre fragilité et nous pousse à revenir vers Dieu. C’est un rite aussi vieux que l’humanité, proclame le livre des Nombres : dressé sous forme de statue de bronze, l’animal maléfique devient déjà source de guérison. L’évangile selon st Jean reprend l’image et l’applique à Jésus. Mais c’est l’hymne aux Philippiens qui donne l’ultime réponse : dans le Christ, Dieu lui-même a partagé la condition des pécheurs. La Croix est un trophée pris à l’ennemi. Devenue outil de cet Amour sauveur, elle est désormais emblème de la Gloire.

Première lecture : Livre des Nombres, 21,4-9

Au cours de sa marche à travers le désert, le peuple d'Israël, à bout de courage, récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d'Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n'y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! »
Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d'Israël. Le peuple vint vers Moïse et lui dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu'il éloigne de nous les serpents. »
Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent, et dresse-le au sommet d'un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu'ils le regardent, et ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d'un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu'il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie !

Perfide ou sage ? Porteur de mort ou de vie ? Le serpent est, dans l’antiquité, un symbole ambigu. Le récit de la Genèse lui attribue la responsabilité du péché ; le texte d’aujourd’hui, comme le caducée de nos médecins, celle de la guérison. Dans les deux cas, pour l’Ecriture, il s’agit d’une créature au service du dessein de Dieu. Représenter le mal est sans doute une façon de l’extérioriser et de le combattre. Le regarder en face donne le courage de surmonter la peur. Au total, le Salut l’emporte sur le murmure, la morsure, la brûlure, la mort. C’est, en figure, le mystère pascal.
Par ta croix, Seigneur, tu nous rends la vie.

ANous avons entendu et nous savons
ce que nos pères nous ont raconté ;
nous le redirons à l'âge qui vient,
les titres de gloire du Seigneur,

Quand Dieu les frappait, ils le cherchaient,
ils revenaient et se tournaient vers lui :
ils se souvenaient que Dieu est leur rocher,
et le Dieu Très-Haut, leur rédempteur.

Mais de leur bouche ils le trompaient,
de leur langue ils lui mentaient.
Leur cœur n’était pas constant envers lui ;
ils n’étaient pas fidèles à son alliance.

Et lui, miséricordieux,
au lieu de détruire, il pardonnait.
Il se rappelait : ils ne sont que chair,
un souffle qui s’en va sans retour.

Psaume 77(78)

Comme il le fait souvent, le psalmiste se remémore les dons de Dieu, ses « titres de gloire ». Tout a commencé « au désert ». Le Peuple y a fait l’expérience du combat spirituel : il a expérimenté à la fois l’exigence de Dieu et le soutien qu’il procure ; le péché et la miséricorde ; la fragilité de la chair et la force de la foi.

En écrivant aux chrétiens de Philippe, Paul cite cette hymne chantée dans leur liturgie par les premiers chrétiens. Nous prenons ainsi la mesure de la profondeur de leur prière. Le mystère pascal se déploie ici dans toute son amplitude : la plongée du Fils de Dieu dans l’humanité et sa condition de souffrance ; son exaltation dans la Gloire. Puissions-nous vivre à notre tour selon ce modèle d’existence ! Seconde lecture : Lettre aux Philippiens, chapitre 2,6-11 Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix.
C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu'au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père.
Dans son entretien avec Nicodème, Jésus regrette la difficulté à témoigner des « choses du ciel ». L’image du serpent de bronze, « élevé par Moïse », est reprise comme une médiation entre la terre et le ciel. C’est une figure de l’élévation du Fils de l’Homme. Ainsi sont annoncées la Passion et de la Résurrection. Le croyant va pouvoir « naître de nouveau ». Son chemin sera illuminé » et il pourra enfin « voir le Royaume de Dieu ».
Evangile selon saint Jean, chapitre 3,13-17

Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.

Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

P. Emmanuel Chazot

Prêtre du Coeur de Jésus (diocèse du Puy)

Lectures d'hierLectures de demain Retour en haut