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Textes liturgiques © AELF, Paris
| Crises : moments de vérité et instants de grâce
Dans notre vie, mais aussi dans notre vie de foi, il y a des instants de vérité : ces moments où il nous est demandé de choisir quelle voie nous voulons vraiment suivre et qui est notre Dieu. Chacun et chacune l'a expérimenté : à ces moments, il n'est pas possible de se dérober, même si, bien souvent, nous souhaiterions ne pas choisir. Ce sont de tels instants que nous présente la liturgie de ce dimanche. Saint Jean les appelle des moments de crise, et il nous rappelle que la crise n'est pas négative, mais qu'elle est le moment où la vérité se fait et où chacun apparaît tel qu'il est. C'est pourquoi ces moments peuvent aussi être des instants de grâce : c'est bien ce qu'Israël retiendra de l'assemblée de Sichem, c'est ce que produira le oui de Simon-Pierre à Jésus. Instants fragiles et qui auraient pu basculer ? Certes, mais ce qu'a produit la crise fut fondateur... |
| Première lecture : Livre de Josué, 24,1...18
Josué réunit toutes les tribus d'Israël à Sichem ; puis il appela les anciens d'Israël, avec les chefs, les juges et les commissaires ; ensemble ils se présentèrent devant Dieu. Josué dit alors à tout le peuple : «S'il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir : les dieux que vos pères servaient au-delà de l'Euphrate, ou les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur. » Le peuple répondit : « Plutôt mourir que d'abandonner le Seigneur pour servir d'autres dieux ! C'est le Seigneur notre Dieu qui nous a fait monter, nous et nos pères, du pays d'Égypte, cette maison d'esclavage ; c'est lui qui, sous nos yeux, a opéré tous ces grands prodiges et nous a protégés tout le long du chemin que nous avons parcouru, chez tous les peuples au milieu desquels nous sommes passés. Nous aussi, nous voulons servir le Seigneur, car c'est lui notre Dieu. » |
Dieu seul sait combien le trajet d'Israël, depuis la sortie d'Egypte jusqu'à l'arrivée en terre promise a été chaotique, combien de fois le peuple s'est rebellé contre ce que Moïse lui proposait au nom de Dieu. Et voilà qu'au moment où le successeur de Moïse, Josué propose aux tribus d'Israël de choisir leur Dieu - les dieux qu'adoraient leurs ancêtres ou 'le Seigneur' -, le peuple reconnaît que seul le Seigneur l'a fait advenir à la liberté. Instant de lucidité et de vérité qui est un instant de grâce : moment fondateur où le peuple se constitue comme peuple. | |
| Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur !
Je bénirai le Seigneur en tout temps, Le Seigneur regarde les justes, Malheur sur malheur pour le juste, Le mal tuera les méchants ; |
Psaume 33(34) Lucidité du croyant qui chante ici la louange du Seigneur : moment où l'action de grâce lui vient en revoyant tous les moments difficiles dont il a conscience d'avoir été sauvé par son Dieu. Et alors que ce souvenir pourrait le faire frémir, il exulte en pensant à ce qu'a fait pour lui son Dieu. Quand ce qui était pénible devient ainsi joie, alors oui, on peut dire que Dieu y était présent. |
| Il est sans doute peu de paroles de Paul qui soient aussi novatrices : en percevant que les relations entre mari et femme sont à l'image de celles nouées entre le Christ et l'Eglise, Paul établit sur des bases nouvelles les relations entre homme et femme. Percevons-nous ce que cette vision a de révolutionnaire à son époque ? | Seconde lecture : Lettre aux Ephésiens, chapitre 5,21-32
Frères, par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ; car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l'Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps. Eh bien ! si l'Église se soumet au Christ, qu'il en soit toujours de même pour les femmes à l'égard de leur mari. Vous, les hommes, aimez votre femme à l'exemple du Christ : il a aimé l'Église, il s'est livré pour elle ; il voulait la rendre sainte en la purifiant par le bain du baptême et la Parole de vie ; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni aucun défaut ; il la voulait sainte et irréprochable. C'est comme cela que le mari doit aimer sa femme : comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime soi-même. Jamais personne n'a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C'est ce que fait le Christ pour l'Église, parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l'Écriture : A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l'Église. | |
| A le considérer avec attention, il semble bien que l'Evangile de Jean nous rapporte ici un échec cuisant de Jésus : ses paroles constituaient un scandale qui a conduit bon nombre de ceux qui le suivaient à l'abandonner. Face à cela, les paroles de Simon-Pierre - malgré sa reconnaissance que Jésus est le Saint de Dieu - paraissent un peu timides : à qui pourrions-nous aller ? C'est pourtant cette reconnaissance qui dominera la mémoire que la communauté chrétienne primitive gardera de ce moment de vérité : instant de grâce où un seul oui suffit à fonder un avenir. | |
| Evangile selon saint Jean, 6,60-69
Jésus avait dit dans la synagogue de Capharnaüm : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. » Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s'écrièrent : « Ce qu'il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l'écouter ! » Jésus connaissait par lui-même ces récriminations des disciples. Il leur dit : « Cela vous heurte ? Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant ?... C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait. Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. » A partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s'en allèrent et cessèrent de marcher avec lui. Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu. » |
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