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Textes liturgiques
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Dimanche 30 août 2009
22e dimanche du temps ordinaire

Textes liturgiques © AELF, Paris

Il y a urgence...

Les textes de ce dimanche nous offrent une occasion rare : celles d'entendre trois figures ô combien fondamentales des Ecritures évoquer l'urgence de mettre en application la Parole de Dieu : c'est d'abord Moïse - dont le Deutéronome dit que plus jamais en Israël ne s'est levé un prophète comme lui -, avant que saint Jacques ne médite l'action de la Parole de Dieu. Enfin, le Christ Jésus, la Parole faite chair, interpelle vigoureusement ses interlocuteurs sur leur attitude face à cette Parole. Si bien des éléments peuvent nous toucher dans ces prises de paroles, le plus frappant sera peut-être de constater combien chacun de ceux que nous entendons est habité par un sentiment d'urgence.

Première lecture : Livre du Deutéronome, 4,1...8

Moïse disait au peuple : « Maintenant, Israël, écoute les commandements et les décrets que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique. Ainsi vous vivrez, et vous entrerez en possession du pays que vous donne le Seigneur, le Dieu de vos pères. Vous n'ajouterez rien à ce que je vous ordonne, et vous n'y enlèverez rien, mais vous garderez les ordres du Seigneur votre Dieu tels que je vous les prescris.

Vous les garderez, vous les mettrez en pratique ; ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples. Quand ceux-ci entendront parler de tous ces commandements, ils s'écrieront : « Il n'y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation ! » Quelle est en effet la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous chaque fois que nous l'invoquons ? Et quelle est la grande nation dont les commandements et les décrets soient aussi justes que toute cette Loi que je vous présente aujourd'hui ?

Israël est sur le point de pénétrer dans la Terre promise et c'est le discours d'adieu de Moïse juste avant sa mort ; c'est dire qu'il n'exprime que l'essentiel. Alors que la pointe de son discours pourraît être l'affirmation qu'il n'y a pas de Dieu comme le Dieu d'Israël, ce que relève Moïse, c'est qu'il n'y a pas de Dieu qui soit aussi proche de son peuple que le Seigneur. Au-delà de l'affirmation, de quelle expérience vraie de Dieu atteste cette phrase...
Tu es proche, Seigneur ; fais-nous vivre avec toi.

Seigneur, qui séjournera sous ta tente ?
Celui qui se conduit parfaitement,
qui agit avec justice
et dit la vérité selon son coeur.

Il ne fait pas de tort à son frère
et n'outrage pas son prochain.
A ses yeux, le réprouvé est méprisable
mais il honore les fidèles du Seigneur.

Il prête son argent sans intérêt,
n'accepte rien qui nuise à l'innocent.
Qui fait ainsi
demeure inébranlable.

Psaume 14(15)

C'est d'une expérience d'une authenticité semblable que témoigne le psalmiste. Oui, il croit que le Seigneur ne bénit pas l'homme injuste et récompense celui qui se conduit parfaitement. Mais la 'récompense' à laquelle il aspire n'est pas or ou argent : elle est d'habiter avec son Dieu.

St Jacques reprendrait sans doute volontiers le désir du psalmiste, lui qui a vu combien les dons les meilleurs viennent du Père et combien sa Parole est le plus grand : elle donne la vie et dire cela n'est après tout pas autre chose que de dire qu'elle donne le salut. Les hommes la recevront-ils ? Seconde lecture : Lettre de saint Jacques, chapitre 1,17...27

Frères bien-aimés, les dons les meilleurs, les présents merveilleux, viennent d'en haut, ils descendent tous d'auprès du Père de toutes les lumières, lui qui n'est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses passagères. Il a voulu nous donner la vie par sa parole de vérité, pour faire de nous les premiers appelés de toutes ses créatures.
Accueillez donc humblement la parole de Dieu semée en vous ; elle est capable de vous sauver. Mettez la Parole en application, ne vous contentez pas de l'écouter : ce serait vous faire illusion. Devant Dieu notre Père, la manière pure et irréprochable de pratiquer la religion, c'est de venir en aide aux orphelins et aux veuves dans leur malheur, et de se garder propre au milieu du monde.

Pendant toute sa vie publique, Jésus ne cherchera qu'à apporter la vie aux hommes, à les libérer de tout ce qui les ligote et dont ils n'ont pas toujours conscience. Ici encore, il les voit s'arrêter à des détails, à ces broutilles qui les empêchent d'entendre ce qu'il leur apporte de radicalement nouveau. Il serait cependant dommage d'en rester à sa riposte vigoureuse aux scribes et pharisiens même si elle produit en nous une secrète satisfaction. Cela nous empêcherait de voir à quel point Jésus essaie encore de se faire comprendre : puisque les docteurs de la Loi n'entendent pas, c'est à la foule qu'il s'adresse. Et il ne s'arrête pas là puisque c'est ensuite ses disciples qu'il essaie de convaincre. Il faudrait être habité d'un tel sentiment d'urgence...
Evangile selon saint Marc, 7,1...23

Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem. Ils se réunissent autour de Jésus, et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées. - Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d'autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats. - Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas sans s'être lavé les mains. » Jésus leur répond : « Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l'Écriture : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi. Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ; les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. »

Puis Jésus appela de nouveau la foule et lui dit : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur. »

Il disait encore à ses disciples, à l’écart de la foule : « C'est du dedans, du coeur de l'homme, que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur. »

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