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Prier avec la Bible Textes liturgiques |
Textes liturgiques © AELF, Paris
| Liberté de se donner
Toutes deux sont femmes et veuves, toutes deux sont très pauvres et toutes deux vont donner tout ce qu'elles ont pour vivre sans, apparemment, se soucier du lendemain. Aux yeux de ceux qui les voient, c'est sans doute folie. Et pourtant, elles ne semblent pas hésiter. Le Christ Jésus, lui, s'est offert tout entier pour la multitude. Et parce que c'est l'offrande de tout son être, il ne la fait qu'une seule fois : ensuite, lui non plus aura donné tout ce qu'il avait pour vivre. Folie du don aux yeux de certains, mais surtout rappel que la logique de Dieu est une logique de gratuité devant laquelle tout calcul cède. A certains jours, il nous est bon de nous souvenir que l'homme - et la femme - ont la liberté de se donner : celle-là, nul ne la leur enlèvera. |
| Première lecture : Livre des Rois, 17,10-16
Le prophète Élie partit pour Sarepta, et il parvint à l'entrée de la ville. Une veuve ramassait du bois ; il l'appela et lui dit : « Veux-tu me puiser, avec ta cruche, un peu d'eau pour que je boive ? » Elle alla en puiser. Il lui dit encore : « Apporte-moi aussi un morceau de pain. » Elle répondit : « Je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu : je n'ai pas de pain. J'ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine, et un peu d'huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste. Nous le mangerons, et puis nous mourrons. » Élie lui dit alors : « N'aie pas peur, va, fais ce que tu as dit. Mais d'abord cuis-moi un petit pain et apporte-le moi, ensuite tu feras du pain pour toi et ton fils. Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d'Israël : Jarre de farine point ne s'épuisera, vase d'huile point ne se videra, jusqu'au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre. » La femme alla faire ce qu'Élie lui avait demandé, et longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger. Et la jarre de farine ne s'épuisa pas, et le vase d'huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l'avait annoncé par la bouche d'Élie. |
Comment cette pauvre femme a-t-elle pu accepter d'obéir à l'injonction d'Elie ? En outre, Elie lui avait demandé à être servi en premier et elle l'a fait... On pourrait pourtant penser qu'elle aurait dû garder le peu qui lui restait, si ce n'est pour elle, du moins pour son enfant : ils auraient vécu un jour de plus avant de périr. La pauvre veuve n'a rien retenu : elle a cru. | |
| Je te chanterai, Seigneur, tant que je vivrai.
Heureux qui s'appuie sur le Dieu de Jacob, Il garde à jamais sa fidélité, le Seigneur redresse les accablés, Il soutient la veuve et l'orphelin, |
Psaume 145(146) Si le psaume mentionne le soutien de la veuve et de l'orphelin, c'est que leur sort est loin d'être enviable. Et le psalmiste a la conviction que le Seigneur les soutient - comme il soutient l'opprimé, l'accablé et l'étranger. |
| Même si ce sont les 'hasards' de la liturgie qui associent aujourd'hui la lettre aux Hébreux aux récits du don de ces deux femmes, quels échos entre eux ! Entre le sacrifice du Christ et celui des pauvres veuves : si les circonstances sont bien différentes, c'est toujours le même geste. | Seconde lecture : Lettre aux Hébreux, chapitre 9,24-28
Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire construit par les hommes, qui ne peut être qu’une copie du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n'a pas à recommencer plusieurs fois son sacrifice, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n'était pas le sien ; car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis le commencement du monde. Mais c'est une fois pour toutes, au temps de l'accomplissement, qu'il s'est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois, puis de comparaître pour le jugement, ainsi le Christ, après s'être offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude, apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l'attendent. | |
| Qu'est-ce qui a pu pousser cette pauvre veuve à donner tout ce qu'elle avait pour vivre ? Quand le don atteint cette ampleur, c'est sans doute quelque chose de très pur... Et elle aurait pu passer inaperçu si Jésus n'avait été là, regardant en vérité ceux qui déposent de l'argent, pénétrant ce qui les anime. Il faudrait voir l'intensité de son regard... La femme a-t-elle perçu l'amour et la tendresse qui se dégageait de son regard pour elle ? | |
| Evangile selon saint Marc, 12,38-44
Dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à sortir en robes solennelles et qui aiment les salutations sur les places publiques, les premiers rangs dans les synagogues, et les places d'honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et affectent de prier longuement : ils seront d'autant plus sévèrement condamnés. » Jésus s'était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait la foule déposer de l'argent dans le tronc. Beaucoup de gens riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s'avança et déposa deux piécettes. Jésus s'adressa à ses disciples : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu'elle avait pour vivre. » |
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