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Textes liturgiques
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Dimanche 27 décembre 2009
Dimanche de la Sainte Famille

Textes liturgiques © AELF, Paris

Heureux les habitants de ta maison

Le premier dimanche après Noël, la liturgie nous invite à célébrer la Saint Famille de Jésus, Marie et Joseph. Elle nous rappelle ainsi que l'Incarnation du Christ est inséparable de sa venue dans une famille où il a reçu des parents - Marie bien sûr, mais aussi Joseph, prudent et fidèle - et où se pratiquaient les 'vertus familiales' dans l'amour. Ne faut-il pas longuement méditer le mystère de la vie à Nazareth à comprendre le ministère de Jésus ?
Peut-être n'est-il pas anodin que les textes de ce jour nous rappellent aussi que cette vie familiale n'est sans doute jamais exempte de souffrances. Anne n'hésitera pas à laisser aller ce petit Samuel pour la venue duquel elle avait tant pleuré, et Marie vivra les inquiétudes des premiers envols de Jésus. Mettre au monde un enfant et accepter de le voir partir... Des souffrances parfois, oui, mais à travers ces textes, il faudra aussi sentir l'amour qui fait agir...

Première lecture : Premier livre de Samuel, 1,20...28

Le temps venu, Anne conçut et mit au monde un fils ; elle lui donna le nom de Samuel (c'est-à-dire : Dieu exauce) car, disait-elle : « Je l'ai demandé au Seigneur. » Elcana, son mari, monta au sanctuaire avec toute sa famille pour offrir au Seigneur le sacrifice habituel et celui du voeu pour la naissance de l'enfant. Anne, elle, n'y monta pas. Elle dit à son mari : « Quand l'enfant sera sevré, je l'emmènerai : il sera présenté au Seigneur, et il restera là pour toujours. »

Lorsque Samuel eut été sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la maison du Seigneur, à Silo ; elle avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin. On offrit le taureau en sacrifice, et on présenta l'enfant au prêtre Éli. Anne lui dit alors : « Écoute-moi, mon seigneur, je t'en prie ! Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici près de toi en priant le Seigneur. C'est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l'a donné en réponse à ma demande. A mon tour je le donne au Seigneur. Il demeurera donné au Seigneur tous les jours de sa vie. » Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur.

Eli doit se souvenir d'Anne : elle pleurait tant de n'avoir pas de fils qu'il l'avait prise pour une ivrogne et lui avait commandé un peu rudement d'aller ailleurs. Aujourd'hui, elle revient pour remettre son enfant au Dieu qui le lui avait donné : geste ô combien généreux d'abandon et de dépossession, mais ne dit-il pas avant tout l'amour de cette mère ?
Seigneur, en ta demeure, toute paix, toute joie !

Mon âme s'épuise à désirer
les parvis du Seigneur ;
mon coeur et ma chair sont un cri
vers le Dieu vivant !

L'oiseau lui-même s'est trouvé une maison,
et l'hirondelle, un nid pour abriter sa couvée :
tes autels, Seigneur de l'univers,
mon Roi et mon Dieu !

Heureux les habitants de ta maison :
ils pourront te chanter encore !
Heureux les hommes dont tu es la force :
des chemins s'ouvrent dans leur coeur !

Seigneur, Dieu de l'univers, entends ma prière ;
écoute, Dieu de Jacob.
Dieu, vois notre bouclier,
regarde le visage de ton messie.

Psaume 83(84)

La maison du Seigneur est notre maison : ce n'est pas autre chose que la réponse d'Anne au don de Dieu, elle qui vient en quelque sorte de lui abandonner sa "couvée". Mais son coeur - dit le psaume - n'est qu'amour et joie : des chemins s'ouvrent dans son coeur...

Être enfant de Dieu, ce n'est d'abord rien d'autre qu'habiter sa maison et vivre dans son intimité : voilà ce que l'amour de Dieu nous offre. La perspective est si vertigineuse qu'une timidité peut me la faire laisser de côté. C'est pourtant ce qu'attend le Père : accepterai-je d'entrer de vivre dans cette intimité ? Seconde lecture : Première lettre de saint Jean, chapitre 3,1...24

Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu’il n’a pas découvert Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu'il est.
Mes bien-aimés, si notre coeur ne nous accuse pas, nous nous tenons avec assurance devant Dieu. Tout ce que nous demandons à Dieu, il nous l'accorde, parce que nous sommes fidèles à ses commandements, et que nous faisons ce qui lui plaît.
Or, voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l'a commandé. Et celui qui est fidèle à ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et nous reconnaissons qu'il demeure en nous, puisqu'il nous a donné son Esprit.

Dimanche de la Sainte Famille, et nous sommes fait témoins de cette scène où Jésus paraît se détacher de ses parents, où nous entrevoyons leur incompréhension et leur souffrance. Et pourtant, Jésus 'leur était soumis'. En même temps, comment ne pas voir combien Jésus paraît dans son milieu naturel au milieu des docteur et, surtout sans doute, au milieu du Temple. Le témoignage est précieux qui nous redit que malgré tout l'amour qui peut s'y vivre - et dont la Sainte Famille est l'exemple -, la vie de famille ne peut être exemple d'incompréhensions et de difficultés. L'essentiel nous dit saint Luc est l'amour et le respect qui s'y vivent.
Evangile selon saint Luc, 2,41-52

Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume. Comme ils s'en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s'en aperçoivent. Pensant qu'il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher.

C'est au bout de trois jours qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l'entendaient s'extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m'ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être. » Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait.

Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son coeur tous ces événements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes.

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